Fifty 02 – L’amante

 

L’amante

Je me projette, gronde, roule, mugis. Approche petit homme. Viens que je te fracasse, que je te brise, que je t’entraîne. Ose venir à moi petit homme. Plonge dans mes entrailles, joins toi à ma houle, caresse mes embruns. Que les déferlantes explosent.

Ne reste pas sur la grève.

Fifty 01 – Le concert

Il y a quelques temps, j’évoquais ma première expérience d’écriture d’un fifty – une histoire racontée en 50 mots – et le plaisir que j’y avais pris. J’ai donc décidé de réitérer l’exercice et d’essayer de produire un fifty par mois, au milieu de tous mes projets. Voici donc le premier de la série !

Le concert
Ça crache du décibel. Le flow s’engouffre dans le pavillon, file dans le tympan, envahit la cochlée. Explosion sonore ! Vibrations dans le canal, ça gronde ! Les rifts bourdonnent et les percussions claquent, sauvages ! Les ondes oscillent au rythme des basses, dansent, vibrent ! Enfin le son s’étouffe : ultime note.

Vincent Tibéon

50 mots pour une histoire

Il y a quelques temps au hasard de mes pérégrinations sur le web et les réseaux, je suis tombé sur un concours d’écriture comme il y en a mille sur la toile, sauf que celui-ci proposait comme thème « Philip K. Dick » (déjà ça pose) et comme forme le « Fifty ».

Et je ne savais absolument pas ce qu’était un « Fifty ». Le concept est simple, écrire une histoire en 50 mots maximum. La pratique est un peu plus ardue. Pour ceux qui veulent en savoir plus, voici quelques exemples sur un site qui propose également un éditeur de comptage (oui, parce qu’il y a des règles de comptage bien précises!).

Je découvrais tout cela sur le site de Saint Epondyle, un agitateur numérique qui a, entre autre, écrit un sympathique essai sur le Cyber-punk qui condense plutôt bien les principales influences du genre, avis aux amateurs.

Dick fait parti de mes auteurs de référence et le principe du Fifty me parut amusant, donc ni une ni deux je sautais sur cette occasion de m’y frotter ! Le but était d’écrire « à la manière de ». Sauf que je juge qu’il est impossible d’écrire à la manière de Phil Dick, et tout d’abord parce qu’il y a plusieurs « Dick », selon ses périodes et ses crises de paranoïa. J’ai donc fait du moi à la sauce Dick, ce qui était déjà pas si mal :

Encore un camé, un cave qui réclamait sa dose de coque numérique. Aujourd’hui, même les androïdes sniffaient pour supporter les consciences artificielles qu’on leur greffait. Ils altéraient leurs data-memories, shuntaient leurs synapses digitales. Celui-là avait disjoncté, ses capteurs ne différenciaient plus le réel du virtuel. Game Overdose.

Les résultats sont tombés il y a plusieurs jours maintenant, mais je ne reviens dessus qu’aujourd’hui car j’étais alors très occupé par le bouclage de mon roman d’anticipation « AVA » (quelques lignes sont lisibles ici).
Il se trouve que l’essai a été réussi – plus que ce que je ne le pensais ou ne l’espérait – puisse que le jury a placé ce Fifty à la première place.

Pour les curieux qui voudraient lire les autres Fifty de ce concours (certains valent vraiment le coup!) vous trouverez la liste complète ici.

Bon, tout ceci flatte certes un peu mon ego (que j’ai gros comme un pois-chiche), mais je retiens surtout deux choses.

D’abord ce commentaire de la membre du jury qui a le moins apprécié mon Fifty.

On est dans le sujet mais je crois que je me suis sentie prise en otage par le matraquage « C’est du K. Dick, mange ! »

Honnêtement, j’ai souri en lisant cela et je l’ai pris humblement, comme un compliment (rapport avec ce qui est exprimé plus haut). Je crois qu’il n’y a pas d’expression plus sincère de la réussite de ma tentative. Et puis, la devise familiale par chez nous étant : « Boulottons, boulottons !« , je trouve que « Mange ton K. Dick ! » me va assez bien. On pourrait presque ajouter « Sinon t’auras pas de dessert avec ton roman !« . Bref une bonne crise de rire, merci Deirdriu.

Ensuite, le concept de Fifty en lui-même. Je me suis beaucoup amusé à faire celui-là. Il y a du Haïku dans le Fifty, une obligation, une nécessité à aller à l’essentiel, à se départir du superflu, à dire beaucoup avec très peu et à laisser des trous béants pour l’imagination…
Pour moi et ma tendance à l’expansionnisme narratif, l’exercice revêt l’habit de la gageure et ne s’en trouve que plus intéressant.
Raconter une histoire dans un espace aussi restreint de mots, voilà qui limite considérablement certains des aspects de l’écriture considérés comme parmi les plus importants (une intrigue poussée, des personnages avec des caractères travaillés, des descriptions qualitatives…). On est dans la micro-nouvelle, voir la nano-nouvelle, où un simple mot peut – doit – contenir mille nuances. En bref et pour rester dans la métaphore gastronomique, on se délecte, on se régale à faire monter la sauce par petites touches épicées, à jouer sur les saveurs pour offrir une collation qui, en une seule bouchée, doit vous combler à la manière de tout un festin.

Sans nul doute je réitérerai ce genre d’en-cas, sans contraintes et hors concours, pour le plaisir. Rien que le plaisir.

Demain ou le jour d’après

Il est assez rare que je communique sur des projets en cours, ou plus exactement, que je laisse filtrer des écrits que j’estime encore inachevés. Mais quand ces écrits semblent faire écho à une actualité acerbe qui nous concerne tous ou presque, quand la réalité joue à rattraper ou dépasser nos craintes, l’envie de partager peu prendre le dessus. Quand on assiste à la lente liquéfaction qui entraînent les soubresauts tragiques de l’histoire, pas demain, ni après demain, mais peut-être le jour d’après.

Pour ceux qui seraient passés à travers, il est question de valoir mieux que la merde qu’on nous propose à dîner.

Alors, voici trois extraits choisis du roman sur lequel je travaille actuellement. Trois extraits qui disent beaucoup et rien à la fois. Trois extraits parce que mes écrits s’expriment souvent mieux que moi. Et d’avance je m’excuse pour les coquilles que ces brouillons pourraient contenir.

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Bout de chaîne…

J’ai récemment été « taggé » par Maïm Garnier. En général je fais l’impasse sur les chaînes de ce type, pas ma tasse de thé. Mais bon, ça parle d’écriture et Maïm le vaut bien, donc pour une fois je fais une exception, sans langue de bois !
Par contre, pour rester au moins partiellement en accord avec mes convictions profondes (ouais, j’en fais un peu trop ?), je ne taggerai personne en retour, je serai un bout de chaîne, un cul de sac, un trou noir, un… Bref, vous avez compris l’idée ^^.

Allez zou, sans plus de bavardage, place au jeu des questions/réponses.

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D’un expressionnisme désuet

Les mots sont à la fois une abstraction du réel et une expression de la pensée.

Avec ce petit préambule, d’aucuns auront fait le rapprochement entre le titre de cette humble billet et celui d’un certain mouvement artistique américain de la première moitié du XXe siècle. Cependant, il ne s’agit pas là de mon propos, car aujourd’hui je souhaite me pencher sur une de ces expressions qui prennent soudain un goût de dépassé quand elles nous viennent à la bouche. Pour l’occasion, je nomme : « coucher sur le papier ». Lire la suite

De True Detective, du cinéma et de la fiction sérielle

Récemment, répondant à l’appel du pied de certains de mes amis et proches à propos de cette excellente série qu’est True detective, je me lançais dans son visionnage. Après en avoir dévoré les deux saisons actuellement disponibles, outre le contentement que l’on peut ressentir en tant qu’amateur de bonnes fictions, il m’est aussi venu un certain nombre de réflexions sur l’évolution de ces dernières, dont True detective, à mon sens, entérine une nouvelle étape.

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Ray’s Day 2015

Le 22 août prochain, pour la 2e année consécutive, la date anniversaire de Ray Bradbury sera prétexte à fêter l’écriture, la lecture et les auteurs. Pour en savoir plus sur cette initiative, je vous invite à consulter le site de la manifestation : raysday.net

L’année dernière, je n’avais donné à lire que des extraits d’une nouvelle en cours. Pour 2015, je souhaitais m’impliquer davantage. Manquant de temps pour écrire une nouvelle dédiée (la Chimeterre me prend une large part de mes plages d’écriture), je participerai de deux façons.

Tout d’abord, par la mise à disposition gratuite de ma nouvelle « Semaine sanglante » sur les différentes plateformes où cela est possible et peut-être directement sur ce site.

Ensuite, par une double séance de lecture d’une nouvelle inédite à la Librairie des Halles de Niort. Une première cession sera donnée à 11h30 et une seconde à 17h. Entre temps, se sera également l’occasion pour ceux qui le souhaitent, de venir découvrir mes autres écrits.

Certains se diront : « Mais ? Si cette nouvelle est inédite, pourquoi ne pas la proposer également en version gratuite numérique ? ».
Tout simplement parce qu’elle a été réalisée dans le cadre d’un appel à texte toujours en cours. Ces deux séances de lecture seront donc des occasions privilégiées de la découvrir en « avant-première ». Cette nouvelle est à la fois une utopie et une uchronie se déroulant au début du XVIII siècle, elle a pour thèmes la piraterie, l’anarchie et les vents. Tout un programme !

J’espère que vous serez nombreux à fêter avec moi où à votre façon, l’amour des mots lors de cette 2e édition du Ray’s Day.

Chimeterre : L’Ombre de Sonnecume

L'Ombre de Sonnecume : TibéonComme je manque à tous mes devoirs, j’ai omis de signaler sur mon blog la sortie, en ce beau mois de juin, du deuxième tome de ma série médiéval-fantastique : Chimeterre.

L’Ombre de Sonnecume, la suite de L’Aurochs Rouge, est donc disponible sur support papier (broché), Epub et Kindle, bref, il y en a pour tous les goûts !

Êtes-vous prêt à replonger dans le pays de la Claneterre, au côté des Grandes Maisons, faire face à la menace des barbares Gueules et percer les secrets des Templiers ?

Que les Sept vous accompagnent !

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La saga maorie de Caryl Férey

Saga Maorie - Caryl FéreyHaka et Utu, les deux romans qui composent la saga maorie, sont également les ouvrages qui ont donné à Caryl Férey sa notoriété, avant Zulu puis Mapuche. Férey dispose d’une écriture énergique, sans concession et met souvent (toujours ?) en scène des personnages ravagés, torturés, à la psyché suffisamment dérangée pour les mener sur la voie de leur auto-destruction.

C’est aussi un voyageur impénitent, qui va à la rencontre des cultures dans lesquelles ils jettent ensuite ses histoires, à moins que ça ne soit l’inverse. Grâce à cela, le lecteur à droit à une véritable immersion, une plongée dans la trame sombre. Car les romans de Férey sont noirs, voire limite glauques avec des pelletées de violence qui avoisinent le désespoir et les pulsions de toutes sortes. Âmes sensibles s’abstenir. Lire la suite