Edge of tomorrow

Affiche du filmDe Doug Liman – 2014

Retour de visionnage de Edge of tomorrow, film de science fiction et dernier blockbuster avec Tom Cruise en tête d’affiche, en compagnie de Emily Blunt.

Le film est une adaptation de la novela All you need is kill, du japonais Hiroshi Sakurazaka et qui fait déjà l’objet d’une autre adaptation, sous forme de manga.

Alors que la Terre fait l’objet d’une invasion extraterrestre et que l’humanité est totalement dépassée et sur le point d’être vaincue, un homme se retrouve à vivre et revivre encore et toujours la même journée, celle de la défaite des forces de la coalition humaine.
Rapidement, se profile la possibilité que, grâce à ce pouvoir, notre héro pourra peut-être réécrire l’histoire et empêcher le désastre.

Le commandant Bill Cage est donc un énième avatar de sauveteur de l’humanité pour Tom Cruise, habitué du genre comme par exemple avec le récent Oblivion. Dans sa quête, Cage est épaulé par Rita Vratasky, incarnée par Emily Blunt. Personnage féminin plutôt intéressant, puisse qu’il représente à la fois l’espoir pour l’humanité (héroïne de guerre), un mentor pour notre héro (elle a déjà vécu ce qu’il est en train de vivre) et une promesse.

Le cadre global du film est une variation de la seconde guerre mondiale, l’Europe est envahie par les extraterrestres. A l’Est, les aliens se déploient sur le front russe, tandis qu’à l’Ouest, seule l’Angleterre résiste. Cette dernière accueille sur son sol les forces de la coalition, un ensemble de nation, dont les états-unis, qui coopèrent dans le but de repousser l’invasion. Le film débute à la veille d’un grand débarquement sur les plages du vieux continent. Le fait que le film sorte en juin 2014, soit 70 ans après le débarquement de Normandie, ne doit évidemment rien au hasard.

Passé ce parallèle peu subtil (on aura compris que les E.T représente le mal absolu qu’il faut absolument combattre, il ne peut y avoir d’autre victoire que leur annihilation…), on peut s’intéresser au deuxième aspect du film, le fameux jour sans fin.
Si l’idée n’a plus rien d’originale en soit, cette variation du thème de la répétition possède quelques intérêts, dont l’enjeu, la méthode (que je tairais) et ce rapport entre le héro et son mentor, celui qui possède le pouvoir et celle qui l’a perdu et la question de la confiance. Quelqu’un qui revit sans cesse la même journée finit par connaître par cœur des individus pour lesquels il reste un parfait inconnu.

Dans le rythme et la réalisation, le scénario parvient a éviter les principaux écueils que pourrait provoquer le principe de la répétition, certaines situations devenant même le prétexte à des scènes pleines d’humour. Pour autant, le film déroule une histoire plutôt classique, au travers de laquelle le héro doit affronter un certain nombre d’épreuves. Et, bien que la journée se répète inlassablement, il existe une progression logique. Avec quelques rebonds et des informations savamment distillées, le film retient donc notre attention du début à la fin.

Du coté de la réalisation, Doug Liman nous livre une copie classique mais solide, tandis que les effets spéciaux sont de bonne facture, sans être transcendants. Dans l’ensemble, Edge of tomorrow est plutôt une bonne production qui se laisse regarder non sans plaisir. Parmi les quelques bémols, j’invoquerai un manque de noirceur, que le sujet aurait pourtant pu justifier, ainsi que quelques lourdeurs, notamment symbolique (un même plan répété à l’envie de Rita/Emily finit même par être un peu rédhibitoire sur la fin).
Egalement, si les deux personnages principaux sont bien traités, les autres personnages ne sont que survolés pour la plupart. Ils ne disposent d’aucune place pour gagner en profondeur, ce qui pourtant aurais permis d’en rendre certains attachants et donc au film de gagner en intensité et en émotion.

Mais surtout, la chute n’ait pas à la hauteur du reste du film et c’est bien dommage. Certain trouveront peut-être leur compte dans cette fin capillotractée. Pour ma part, elle m’a laissé dubitatif et un tantinet déçu.