L’honneur de Cordelia – Loïs McMaster Bujold

La saga Vorkosigan : integral 1L’honneur de Cordelia (anciennement titré Cordelia Vorkosigan) est le premier livre qui compose la Saga Vorkosigan, une œuvre que l’on peut qualifier de space-opera  et qui fait partie des classiques de la science-fiction. Cette série à la particularité de ne pas avoir été écrite dans le sens chronologique, mais en fonction des envies et idées de son auteure.

L’honneur de Cordelia possède donc cette particularité d’être non seulement le premier roman de Loïs McMaster Bujold, mais aussi le premier, chronologiquement parlant, de la série (opération Kay ne pouvant pas réellement être considéré comme faisant partie de la Saga Vorkosigan proprement dite). Il a été écrit à une époque ou le personnage principal de la saga se résumait encore à un embryon d’idée dans la tête de l’auteure. J’étais donc assez curieux de lire ce qui peut être considéré comme le livre fondateur de la série.

Le sujet du livre est la rencontre entre Cordelia Naismith et Aral Vorkosigan, pendant un conflit intergalactique. La première (et héroïne du roman) est capitaine dans la flotte bétane, tandis que le second est un Lord Amiral de l’empire de Barrayar. Tout les oppose, la guerre, leurs cultures et pourtant ils vont inexorablement se rapprocher l’un de l’autre.

Les premiers paragraphes, emprunts d’une lourdeur inhabituelle chez l’auteure, refroidirent rapidement mes ardeurs. Heureusement, ce sentiment ne dura pas et rapidement, le style concis prit le dessus, moins incisif que dans les œuvres plus récentes, mais déjà aussi facile et agréable à lire.

Le scénario, solide et cohérent dans son ensemble, peine se pendant à s’élancer durant le premier quart du livre, un peu bavard. Mais finalement, après une ballade plutôt monotone, les ingrédients qui font l’intérêt de la saga s’installent enfin : variété de personnages complexes et bien travaillés et intrigue à ressort.

Le principal reproche que l’on peut faire, concerne le tempo du livre, qui après une montée en puissance lente et plutôt bien menée, connait deux écueils. Tout d’abord une ellipse trop brutale à mon sens. Ensuite et surtout, la tension s’affaisse totalement à la fin du livre. En effet, alors que l’un des ressorts principaux du roman vient de trouver sa résolution, l’auteure est obligée d’étirer le livre sur encore plusieurs chapitres pour l’emmener jusqu’au point final de son histoire. Il en ressort alors un sentiment étrange, comme si on avait manqué un chapitre, un peu comme si une composition musicale n’en finissait plus de répéter le même motif à la fin d’un morceau sans savoir comment s’arrêter autrement quand réduisant doucement le son.

Heureusement, un ultime chapitre, sans intérêt aucun pour l’histoire ceci dit, nous ramène là où le livre aurait dû s’achever, nous permet de disposer d’une véritable conclusion et finit le roman sur une dernière note pleine de sens.

En résumé, ce premier roman de Loïs McMaster Bujold, même si on est encore très loin d’œuvres comme la Stratégie Vor ou Labyrinthe, se lit avec un plaisir certain et reste un bon divertissement. Il pose les bases de ce qui va devenir un classique dont l’écriture, débutée à la fin des années 80, continue toujours aujourd’hui (près de vingt romans, dont le dernier en date est L’Alliance, parution française prévue pour cette année).

Ce billet a été écrit dans le cadre du challenge SFFF au féminin proposé par Tigger Lily.

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