Ne mords pas le soleil – Tanith LEE

Ne mord pas le soleil - Tanith LEENe mords pas le soleil forme le premier volet du « Bain des limbes », un diptyque qui se déroule dans un futur indéterminé, sur un monde tout aussi indéterminé. Dans ce futur, l’humanité a dompté la mort, elle peut créer des corps à volonté. Réduit au rôle de simple enveloppe charnelle interchangeable, le corps peut prendre alors toutes les apparences, tous les genres et l’esprit peut s’habiller de toutes les folies pour s’adapter à la mode et aux tendances.

Le bain des limbes, c’est l’endroit où l’on se réveille après une mort. C’est l’endroit où l’on décide de l’apparence de son nouveau moi. Serais-je identique ? Serais-je un homme ou une femme cette fois ? Aurais-je la peau bleue et des cheveux d’or ? Avec de petites ailes d’argent aux chevilles ? Ou bien au contraire serais-je gros(se), vert(e) et plein(e) de pustules ?

Ne mords pas le soleil, c’est une histoire Jang. C’est-à-dire racontée par une jeune personne Jang, avec plein d’argot Jang. C’est totalement groosh et zaradann !

Écrit à la première personne, le roman nous entraîne dans les mésaventures d’une Jang. De la narratrice – encore que ce terme ne soit pas totalement approprié puisqu’il lui arrive de changer de sexe – nous ne connaîtrons jamais le nom ou le prénom, mais le récit nous propose une plongée dans sa quête de soi.

Car être Jang, c’est se comporter de façon un peu folle, parfois violente, profiter de la vie et de ces morts, changer de corps comme de chemise, passer son temps à faire l’amour ou à chercher la façon la plus insummat de se suicider. Tout cela sous l’œil concupiscent des Aînés qui désapprouvent tout comportement un tant soit peu raisonnable de la part des jeunes personnes.

Alors, pour notre héroïne qui ne se retrouve pas dans les carcans imposés par cette société éternelle et sans but, cette liberté et cette immortalité se transforment en cage où elle ne parvient plus à trouver sa place. Elle traîne sa propre indécision comme une chaîne qu’elle devra bien briser un jour.

Sous une couche de légèreté, Tanith LEE nous propose une interrogation sur le rapport du moi avec le corps, du moi avec la mort et sur ce qui, finalement, nous définit en tant qu’être humain.
La recherche d’identité de la narratrice devient prétexte pour explorer toute une flopée de désirs à assouvir, celui du plaisir, de la parentalité, de la liberté ou encore de l’émancipation, dans un monde où l’erreur semble sans conséquence. Mais aucun acte ne reste jamais sans conséquence et à trop vouloir mordre le soleil…

Ooma, ne vas pas te brûler les ailes, ce serait trop drimmik !

Groosh : formidable, merveilleux
Zaradann : fou, cinglé
Insummat : extra, insurpassable
Ooma : amour
Drimmik : affreux, épouvantable

Ce billet a été écrit dans le cadre du challenge SFFF au féminin proposé par Tigger Lily.

sfff au feminin

3 thoughts on “Ne mords pas le soleil – Tanith LEE”

  1. Vert dit :

    Et bah, moi qui pensait être la seule personne au monde à avoir lu ce vieux machin xD. C’est pas le meilleur de Tanith Lee, mais c’est loin d’être le plus mauvais. Tu as la suite en stock ?

    • Tibeon dit :

      Hélas non, il faut dire que le vin saphir n’est plus édité depuis des lustres^^, qu’on ne le trouve pas (encore) en e-book et que je n’ai jamais pris le temps d’en chercher une version d’occasion.
      Déjà, celui-ci je l’ai trouvé dans une vieille malle en compagnie d’un tas d’autres bouquins oubliés datant de la grande époque du Masque Science-fiction (début des années 80).
      Certains méritaient d’ailleurs de rester oubliés °_°

      J’en profite pour te dire un merci pour ta chronique du Dit de la terre Plate, il faudra vraiment que je le lise un jour !

  2. Denis dit :

    Héhé… On est au moins trois !
    C’est vrai qu’il était sympa à lire avec un univers foisonnant d’idées et bien conçu.
    Mon reproche serait plutôt dans l’histoire : pendant tout le livre, j’ai toujours eu l’impression d’être dans une phase d’introduction et de mise en place des personnages et de l’univers, toujours a attendre que l’histoire débute pour de bon…
    C’est un peu dommage.

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