Predestination – Michael et Peter Spierig, Ethan Hawke, Sarah Snook

PredestinationLes frères Spierig, déjà réalisateurs du tout à fait correct « Daybreaker« , également avec Ethan Hawke dans le rôle principal, produisent avec Predestination un bon petit film de science-ficion, intelligent mais sans prétention, avec pour thème principal le voyage temporel et les notions de paradoxe et de boucle temporelle.

Avec un format relativement court (1h30), Predestination se concentre sur l’essentiel, évite les effets de surcharge et s’attache principalement à décrire la psychologie de ses personnages. Ethan Hawke y incarne un agent, chargé par une organisation gouvernementale – évidemment secrète – de voyager dans le temps pour empêcher des attentats terroristes avant qu’ils ne se produisent.

Avec un pitch pareil, on pourrait s’attendre à un thriller d’action, ce que la bande annonce ne dément pas… Mais en vérité c’est un tout autre film que nous ont concocté les frères Spierig. Un thriller psychologique ou le pitch cité plus haut ne sert que de contexte. Rapidement, notre agent est envoyé à la rencontre d’une personne dont on comprend que leurs destins sont liés. C’est là qu’entre en scène Jane/John (Sarah Snook). Pas de gros effets spéciaux qui tâchent (ou cachent les lacunes), le film tout entier se consacre à détricoter le fil de ces destins, englués dans une boucle temporelle disons… malsaine.

La performance des acteurs est bonne, surtout celle de Sarah Snook, dont le personnage, bien plus complexe qu’il n’y parait de prime abord, impose un jeu tout en finesse et en transformations physiques. L’intrigue générale est bien pensée et bien menée, même si je regrette que les réalisateurs ne l’aient pas épaissie avec quelques fausses pistes supplémentaires, car finalement, le récit aussi bon soit-il, ne m’a surpris qu’une fois, dans son degré de dépravation mentale et psychologique. Les rebondissements arrivent trop souvent à contre-temps (ce qui est amusant pour un film traitant de ce sujet) pour réellement prendre le spectateur attentif à défaut.

Il reste néanmoins que le scénario fait réfléchir, pas tant sur le voyage dans le temps, mais plutôt sur le rapport qui peut exister entre créateur et créature, origine et commencement, fin et renaissance.

En se concentrant sur les personnages, en leur donnant de l’épaisseur et du « temps » de vie à l’écran, Predestination évite de nombreux écueils et parvient à nous garder captiver jusqu’au dénouement, un peu prévisible, mais implacable, prédestiné, j’oserai dire.