Semaine Sanglante : la rescapée d’Ys

Couverture de Semaine Sanglante, par TibéonLa semaine dernière j’ai édité en e-book la nouvelle « Semaine Sanglante » (ou là). Il s’agit d’un récit mêlant les genres steampunk et fantastique. Originellement, ce récit faisait parti d’un triptyque qui devait former un recueil : Nouvelles d’Ys.

Je pense que tout auteur a été confronté, au moins une fois, à la perte de matériaux brutes, cela fait partie des aléas de l’écriture. Le numérique, le fait de travailler sur ordinateur ajoute au risque la simplicité du geste, il est tellement facile d’appuyer sur la touche « suppr », de vider sa corbeille… A cela s’ajoutent les fichiers corrompus ou abîmés, qui refusent désespérément de s’ouvrir et le bon vieux claquage de disque dur (souvent radical) ! Après mes premiers déboires du genre, j’ai pris l’habitude de copier chaque étape de mes projets et chaque projet sur plusieurs supports différents pour conserver de multiples sauvegardes.

Dans le cadre des Nouvelles d’Ys, j’ai commis une double erreur, celle de supprimer l’unique dossier du projet en étant persuadé d’avoir fait des sauvegardes ailleurs. Soit environ 180 pages de matériel, brut ou révisé, jetées dans le gouffre du siphon numérique, ainsi que toutes les recherches (nombreuses) que j’avais réalisées pour nourrir les trois nouvelles. Je vous laisse imaginer mon sentiment quand je m’en suis rendu compte.

De l’ensemble, « Semaine Sanglante » a réchappé à la disparition, car il s’agissait de la seule nouvelle achevée et transmise à des amis pour avis (je chérie la sauvegarde automatique des courriels). Cependant, il s’agissait d’une version brute, sans les corrections apportées entre temps.

Cet épisode m’a évidemment amené à revoir mon protocole de conservation des projets en cours (naméo !) et je mis précieusement des copies du fichier rescapé dans 15 dossiers différents répartis sur 3 disques durs, 7 clés usb et un vieux cd qui traînait là en pensant se la couler douce. Une fois assuré de sa quasi-survivance numérico-éternelle, je laissais le projet mijoter jusqu’au jour ou le désir, l’envie, la force de me replonger dedans et de le reprendre depuis le début me viendraient.

C’est que Ys est un projet/univers de la catégorie monstre protéiforme et multi-temporel dont je ne cerne toujours pas entièrement les contours. Et le recueil des Nouvelles d’Ys devait/doit justement me servir à poser les premières pierres d’un édifice complexe et tortueux. Les nouvelles sont un terrain de jeu idéal pour tester des idées, explorer des concepts.

Dans les Nouvelles d’Ys, je me contente donc d’exploiter qu’une seule période, la fin du second empire, un lieu, Paris et de n’effleurer qu’une partie des grands concepts que je veux essayer d’amalgamer. L’idée générale étant de mettre en place cet univers par petites touches, toutes en nuances et en profondeur, sans se presser. Et à chaque nouvelle, j’associe un genre particulier.

Semaine Sanglante décrit une expédition audacieuse, en plein milieu de l’épisode le plus tragique de la Commune de Paris, où une équipe hétéroclite doit explorer les bas fonds de la capitale pour y dénicher un vieux secret qui aurait du rester caché, on oscille entre aventure et exploration.

Et la bonne nouvelle, c’est que retravailler sur « Semaine Sanglante » m’a donné envie de reprendre le projet dans son ensemble.

Me reste donc à écrire une enquête policière improbable où il est question de musique, d’automates et de cerveaux volés, ainsi qu’une nouvelle fantasmagorique où un fiacre ténébreux parcours les rues de la capitale, en pleine épidémie de choléra, poursuivi par des angelots.

Vous n’avez rien compris ? C’est normal ! C’est Ys, une histoire qui se reconstruit à chaque nouvelle vague du temps et où pourtant tout est lié, de façon inextricable !